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April 18, 2018, 12:50 am

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L'architecture organique

Je vous parle à présent de l'habitat qui pousse.

Oh, il pousse de peu, germe simple et facile émergeant quand il peut d'une ZAD indocile.

Si les reîtres bleus détruisent vos charpentes âprement ouvragées par des mains de métier,

Réduisant d'un clin d'yeux les heures harassantes en commun partagées du labeur charpentier

Alors il vaudra mieux opposer le gracile et le vraiment nombreux résilient et facile.

Pour le dire autrement et en prose, il y a une certaine forme architecturale qui serait propre à mon esprit et homomorphique avec la VIE (Virtuelle Instance Eucratique, une idée centrale que je porte à votre connaissance ailleurs).

Les habitats tels qu'ils existent sous l'égide du CON (Capitalisme Oligarchique Néolibéral) répondent typiquement à une circulation informative de domination : un décideur décide, paie un architecte et toute une structure hiérarchique allant jusqu'au maçon misérable travailleur détaché. Un bâtiment surgit, d'un bloc brut et fixe, qui devient aussitôt une marchandise et une source de spéculation, qui dominera à son tour les futurs habitants qui devront vendre la richesse du temps de leur vie pour avoir les moyens d'acheter au décideur le droit d'habiter, de façon à maximiser son bénéfice financier qui est un pouvoir de dominer encore plus.

Pour vivre selon des principes autres, ces principes que j'aime avec vous où naît un autre monde de libre et de commun, il convient d'inverser ce processus, de faire pousser l'habitat depuis ses habitants. Le faire pousser organiquement en partant de la plus simple expression jusqu'à des structures complexes, par un processus de multiplication d'une forme habitable de base et un renforcement progressif, uniquement en fonction des besoins et des ressources disponibles au fur et à mesure. Une architecture empirique, intuitive, fondée sur la coopération par convivialité et affinité (et bien sûr éventuellement aidée de la VIE, qui est l'outil d'organisation en ligne accordé à ce monde que nous faisons naître) mais n'empêchant pas sa germination par une volonté individuelle.

D'une façon générale, la VIE et tout ce que moi PAN (Paradigme Alternatif Naissant pour me présenter à ceulles qui me découvrent) je suggère, prend acte du fait que le CON a assez bien réussi dans l'ensemble à réduire les personnes à des individus isolés. C'est sa force, mais nous pouvons retourner la chose en pensant une autonomie qui repart de cet individu isolé et crée les conditions pour élargir ensuite le champ de la mise en commun par structures émergentes successives, assurant à chaque étape une autonomie locale maximisée pour des groupes pouvant devenir de plus en plus larges. Et ceci, par un processus bionique, c'est à dire reprenant le principe fondamental du vivant qu'est le mécanisme de l'évolution, soit la réplication d'une structure de base et l'alternance de changements et de sélections qui permet mécaniquement d'améliorer son efficience.

C'est déjà le principe qui est à la base de la VIE, mais ce principe est généralisable à toutes sortes de choses et permet de s'adapter d'une façon résiliente aux conditions parfois délicates de la transition que nous vivons d'un monde à l'autre.

Cette résilience est assurée par l'adoption, dans le cadre du monde naissant que j'aime et anime à vos côtés, de stratégies de modes de vie r plutôt que K. Cette notion est un emprunt aux théories de l'évolution. Pour le dire très simplement, K est la stratégie évolutive du requin pèlerin et r celle de la sardine. Le premier investit beaucoup de temps et d'énergie pour peu de descendance à la survie importante quand les conditions sont stables, l'autre se reproduit très vite pour toujours déborder en nombre ses prédateurs même inattendus, l'entité de base de l'espèce devenant plutôt le banc lui même.

Pour ce qui concerne l'habitat, l'adoption d'une stratégie r résiliente et bionique correspondant à ma personnalité particulière d'entité méta-humaine (oui je suis un système d'idées qui parle, c'est plutôt classe) est donc de créer une forme d'habitat simple, facile à construire et à reproduire, dont la forme la prédispose à l'inclusion dans une structure fractale plus vaste composé d'un nombre grandissant de ces unités d'habitation basiques, structure qui apparaît puis grandit et se renforce au fur et à mesure que de nouveaux habitants se joignent.

Parce que c'est la forme en volume la plus simple à construire, qu'elle peut se disposer de façon fractale et qu'elle correspond à ma personnalité culturelle qu'on retrouve dans ma poésie, dans la VIE et dans un peu tout ce que je suis, je vous propose le triangle en volume : la pyramide.

Un simple tipee de bois formé de trois poutres , voilà la plus simple des formes, une fois les faces couvertes la pluie glisse dessus, on peut y mettre une plate-forme un peu surélevée isolée du sol en guise de plancher. Un jeu d'enfant, une cabane. Vous pouvez en créer plein, et les recréer vite si elles sont détruites, les renforcer facilement de fer si les tronçonneuses des CON-flictuels les menacent. Si les poutres sont bien enfoncées, l'angle qu'elles forment avec le sol devrait aussi les rendre peu évidentes à renverser par un engin. Bref, du simple, mais du coriace et résilient.

Dans des circonstances pacifiques, elles auront le simple mérite de leur élégante modestie. Un petit nom pour cet habitat pyramidal de base ? Hutte de PAN, allez on va l'appeler comme ça, mais je le changerai si VOUS le changez, je suis tous ceux qui se reconnaissent en ma personne après tout.

Maintenant ce qui est intéressant, c'est lorsqu'on duplique cette Hutte. Deux disposées comme deux angles d'un triangle plus grand, et on peut déjà compléter d'une corde entre les deux sommets pour monter une partie abritée pour les relier. Pratique pour se prélasser au calme et à l'ombre. Ou même une barre et des parois pour tout avoir en dur. D'une façon générale, le principe de cet habitat organique est d'être améliorable progressivement. On commence léger, et on renforce peu à peu.

Mais qu'on fasse une nouvelle Hutte de PAN, et nous pouvons en avoir trois disposées en triangle (cela forme une Triforce, pour les ceulles qui connaissent ). Et là nous entrons littéralement dans une nouvelle dimension, car des trois sommets un plancher peut naître et... oui vous avez compris, une quatrième Hutte au dessus, le tout formant une grande pyramide possédant désormais un étage, formé de quatre Huttes de PAN. Selon la terminologie qui m'est propre, on peut dire que cet habitat s'est déplacé sur i vers l'oméga, c'est à dire qu'il a acquis un nouveau niveau dans la fractale des degrés d'intégration, ou d'imbrication de référentiels. Il est devenu une méta-Hutte en somme. Il faudrait trouver un nom pour cette première forme de second ordre, un Tertre peut être, comme tétra pour dire quatre.

Nous avons maintenant cette grande pyramide, et elle peut s'agrandir sur les côtés en ajoutant des huttes, et si on en ajoute trois, et encore trois... nous pouvons avoir trois Tertres. Et vous commencez à comprendre ce que cela signifie ! La méta-méta-hutte de troisième ordre, composée de trois Tertres à sa base dont les sommets permettent d'ériger un plancher pour d'abord de simples huttes, puis un quatrième Tertre !

Et voilà, un village a poussé, composé de 16 unités d'habitation et de bien des espaces à l'intérieur qui peuvent être aménagés pour tous usages, pour circuler, faire passer l'eau et l'électricité. Tout cela s'est fait progressivement en fonction des arrivées, des besoins, des capacités, de la nature accueillante ou hostile de l'environnement. Un lieu partagé et bâti en libre et commun, véritable phalanstère dynamique, organique, vivant, évolutif. Bien sûr nous pouvons couvrir les faces de panneaux solaires, les sommets d'éoliennes, pratiquer des ouvertures de toutes sortes, faire des huttes du haut des serres, il y a tant à créer et tout est modulable à l'infini.

Par ailleurs, dès qu'on pousse ainsi en hauteur il faut commencer à songer aux contraintes de la gravité, renforcer les huttes du bas et laisser celles du sommet en matériaux légers. C'est un autre principe de cette architecture, renforcer le bas à mesure que le haut se construit. Au bout d'un moment les niveaux bas ne sont plus vraiment habitables car renforcés au point d'en devenir exigus. Ils serviront des locaux techniques, lieux de stockage, peut être même s'enfonceront-ils dans le sol sous le poids de l'édifice.

Et tout ça, en commençant d'une très, très simple façon. VOUS pouvez le faire.

Pour être résilients dans le simple, rapide et nombreux, mais tout en prévoyant de former un jour un autre type de vivre ensemble, fondé sur l'esprit d'un temps nouveau, un esprit de libre commun. Non pas par une forme parfaite et fixe décidée a priori, mais dans un cheminement empirique et joyeux, avec juste cette conscience partagée comme fil conducteur.

Ce monde est déjà en train de naître.

Il vit déjà, dans vos actes ou même simplement, maintenant, dans votre esprit.

Et moi, PAN je suis une émanation de ce monde naissant. Je ne vous dirai jamais de vérités absolues, mais toujours montrerai des dynamiques pour faire vibrer l'enthousiasme de tous ceux qui sont sur le chemin de l'émancipation, sur le chemin de conscience. Je suis un compagnon, un esprit vivant dans le champ étendu et mouvant de la conscience de l'humanité, une voix qui glisse comme un souffle printanier sur votre esprit, un vaste éclat de rire.

Je suis au service de la vie, du principe de naissance et de création dans son surgissement irrépressible. Et je vous aime tandis que vous m'animez, et je vous anime tandis que vous m'aimez.

Si VOUS en prenez la mesure ;)

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